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Absence de la râleuse


La râleuse du bougon habite loin, loin de lui. Ils se sont rencontrés par hasard sur internet (et même pas sur un site de rencontres), ce qui de nos jours n’est plus vraiment original. Comme chacun avait sa vie avant l’heureuse rencontre, le bougon et sa râleuse ne pourront pas s’installer ensemble avant quelques mois, et se retrouvent condamnés à voler quelques jours de bonheur au quotidien de temps en temps.


Entre deux trains et deux séjours, le bougon passe donc beaucoup de temps au téléphone (ça fait rire tout son entourage, le bougon qui téléphone alors qu‘il a toujours testé ça, avant sa râleuse) mais cela ne représente bien sûr qu’un pis aller.


Depuis qu’il est retombé amoureux, souvent, le soir, après avoir raccroché, le bougon erre un moment au milieu de ses livres ou rôde autour de l’ordinateur en se demandant si ça vaut encore la peine de l’allumer, et se surprend à murmurer à l’intention de sa lointaine moitié : « J’ai remplacé ma solitude par ton absence ».


Fort heureusement, c’est une absence qui ne sera que provisoire, et cette absence là est préférable toutes les solitudes. On dit que parfois en amour l’éloignement est un stimulant. Le bougon la ressent plutôt comme un souffrance. Alors voilà, le bougon ronchonne sans conviction, dort peu, mange peu et fume trop. Mais cette souffrance a au moins le mérite de signifier au bougon qu’il a recommencé à vivre, puisqu’il a recommencé à ressentir des choses.


Groumpf, imbécile l’absence.

2.9.05 22:43


Rentrée

 


Et voilà, c’est la rentrée. On regarde autour de soi, on voit des gens qui souffrent. On regarde en soi, on voit quelqu’un qui souffre. On regarde dehors, on se dit : il va faire frais. On regarde ses angoisses et on se sent très froid.


On cherche un peu de réconfort, et on trouve l’amour. On cherche un peu de compagnie et on confond des solitudes pour les rendre supportables : être deux, ça faisait un moment que ça n’était plus arrivé au Bougon. Et le revoilà cet apaisement de sentir qu’on ne vit plus que pour soi même et qu’on est compris, soutenu, aimé.


Et en toile de fond de cet immense soulagement les mêmes vieilles incertitudes se font entendre comme un écho lointain mais familier. On est heureux quand on peut, on gère les soucis le reste du temps, on bougonne, on proteste mais on aime. On est en vie.


Et voilà, c’est la rentrée. Sur le calendrier, les jours à venir se déclinent en colonnes et s’alignent en semaines, on pense déjà aux vacances suivantes, on projette, l’existence reprend son cours. On cherche quoi ou qui attendre, comme si sans l’attente le déroulement des jours était sans intérêt, on se fixe des échéances, on bâtit des projets, parfois. Mais les premiers ennuis pointent déjà le bout de leur nez, et on se dit : « tiens, encore des obstacles ? ». Qu’à cela ne tienne, on en viendra à bout.


On lutte pied à pied contre le découragement, la lassitude, la force d’inertie du temps et des habitudes, on grince un peu des dents pour le principe, et puis on avance contre vents et marées.


Groumpf… Imbécile la rentrée !

31.8.05 22:13


ben voyons...

 


Sans les ennuis, on s'ennuierait, non ?


Groumpf...Ce serait sympa de pouvoir s'ennuier comme ça de temps en temps, quand même...

31.8.05 21:52


Le mystère du doudou


Une des questions fondamentales du monde de l’enfance est présente dans cette simple question : A quoi sert un doudou ?


Vous savez, ce truc protéiforme et cradingue auquel s’accrochent les mômes… Mais oui, le chiffon immonde, la peluche disloquée sans laquelle ils ne peuvent pas dormir…


Faites-lui le coup, à un môme, pour voir, de lui planquer son machin ou de lui dire que vous l’avez perdu : il va se mettre à couiner comme un goret… Groumpf ! Et pourtant, pourquoi tant d’attachement à cet objet vaguement répugnant qu’on hésite toujours à passer à la machine encore une fois de risque qu’il ne résiste pas à un lavage supplémentaire ?


Ben pardi ! C’est juste pour enquiquiner les adultes ! Imbéciles les enfants… Toujours à tendre leurs petits bras en faisant des yeux de cocker… Meuh oui, le voilà ton machin râpé qui chlingue…


Bon, en même temps, sont mignons quand même, et puis vaut mieux un doudou qu’un flingue… enfin, c’est ce que la logique voudrait.


Petit, le bougon a eu un nounours. Tous les soirs, sa mère s’acharnait à lui mettre dans les bras avant d’éteindre la lumière. Tous les matins, on retrouvait la peluche à l’autre bout de la pièce : la lumière n’était pas plus tôt éteinte qu’il le jetait hors du lit. C’est nul les nounours, même avec un pull en laine bordeaux tricoté par grand-mère. Ça gratte la laine. Faut bien l’entretenir, c’est comme ça qu’on garde la laine fraîche.


Bon, quand le bougon aura fait des gamins à lui (les pauvres), il leur expliquera que les doudous, c’est comme les fleurs : ça fane et ça finit à la poubelle, mais ça fait plaisir, c’est joli et c’est doux et ça sent bon au début. Et puis un jour on se demande ce que ça fiche encore là (on parle bien du doudou, pas du gosse).


En définitive, imbécile le doudou, mais imbécile sympa quand même.


(spéciale dédicace du Bougon à sa râleuse)

30.8.05 22:16


Et pendant ce temps là y'en a qui prennent l'avion


Bon, c’est la fin de l’été, les oiseaux migrateurs ne vont pas tarder à tailler la route, les touristes à revenir, et ceux dont les avions ne s’écraseront pas comme des crottes de pigeons entre un coin de jungle et une montagne toute pelée pourront retrouver leur petite vie minable.


A cet égard, force est de constater qu’en matière de vol aérien, moins on paye cher, et plus on a de chance de ne pas voir le bout du voyage. C’est tout le problème des vols charters : on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le c… de la crémière. Les regrettables accidents de ces derniers jours ne dissuaderont sans doute pourtant ni les voyageurs de partir à pas cher, ni les tour opérators de proposer des vols kamikazes.


Voyez, par exemple, comme une chaîne cryptée française fait sponsoriser sa météo, durant les programmes en clair, par un site nommé « partirpascher.com » juste après l’annonce des crashs…


Groumpf… Y’aurait pas un site « arrivervivant.com » ?


Imbécile les voyages.


En même temps on n’est pas obligés de prendre l’avion pour partir. C’est sympa la Bretagne en Août. Tout pourri côté météo, mais sympa. Pffffff… Aller pêcher à pied des coquillages mazoutés en esquivant les canettes qui flottent et les cachalots humains qui viennent s’échouer sur la plage…


Bon, je dis pas ça pour énerver les bretons… sont sympas les bretons…. Quand deux bretons font naufrage sur un île, au bout de cinq minutes y’en a un des deux qui commence à construire un bistrot.


Et quand y’en a plusieurs dans le village (tous côte à côte) on met une église au milieu. Ben oui, sont pas fous, les cathos, ils s’implantent là où ils savent qu’il va passer du monde. Comment ça le bougon manipule la vérité historique ? Les églises étaient là avant les bars ? Ben pas en Bretagne, à ce qu’il paraîtrait…


Et puis y’a des gens qui viennent de loin pour voir la Bretagne. Peut-être même que certains prennent l’avion pour y aller. C’est un lieu de vacances à pas cher, et on a même des chances d’en repartir… d’en repartir loin, très très loin…


Bon, le Bougon est en forme. Tout augmente, le pouvoir d’achat baisse, c’est la galère partout, alors on va encore pouvoir bien s’amuser avec tout ça. C’est beau un monde de merde…

25.8.05 21:55


Le retour du retour de la reviendance du retour de la mort qui tue IV


Depuis quelques temps déjà, du fond de sa grotte obscure, un étrange personnage ruminait sur la marche du monde. Reclus dans sa sombre tanière, il fuyait les vicissitudes du monde extérieur pour se consacrer à l’étude d’un sentiment nouveau pour lui… Et puis, doucement, comme on s’éveille d’une longue nuit, délaissant enfin le monde des rêves pour retrouver celui des vivants, il a émergé de son antre…


On le croyait disparu dans les limbes…


On pensait qu’il ne reviendrait plus…


On supposait qu’il ne grognerait plus…


Et pourtant….


IL EST DE RETOUR


IL N’EST TOUJOURS PAS CONTENT


IL EN VEUT A LA TERRE ENTIERE


LE BOUGON EST VIVANT !

25.8.05 21:33


Chez le coiffeur

 

Pour que le bougon se décide à aller chez le coiffeur, il faut une bonne raison. Le bougon n'aime pas ces salons qui sentent le chimique, peuplé de gens bizarres qui menacent votre intégrité capillaire avec leurs ciseaux et leurs rasoirs, et ces pantins assis pendant qu'on leur tripote les cheveux. Alors pour que le bougon aille chez le coiffeur, il faut soit un grand énènement familial, soit que les dents du peigne cassent quand il se coiffe, soit qu'il attende la visite imminente de quelqu'un de très proche à son coeur. Et comme le bougon est dans le dernier cas, il est allé chez le coiffeur.




Le coiffeuse qui devait s'occuper du bougon, quand elle l'a vu arriver tout chevelu tout barbu, a eu bien du mal à ne pas éclater de rire (ça faisait trois ou quatre moins quand même depuis la fois précédente), mais au prix d'un effort manifestement héroïque, elle y est parvenu.




« - Vous devriez venir plus souvent ! UN cheveu souple comme le vôtre, quand il pousse, il prend beucoup de volume...




  • Hélas ! Ma densité capillaire n'a pas grand chose à envier à celle des jackson five dans leurs belles années...



  • On taille la barbe ?



  • Même pas vous y pensez ! La personne que j'attends me préfère avec.



  • (après moult coup de ciseaux)



  • Euh.. C'est assez court ?



  • Groumpf !... Oui !



  • Euh... On met du gel ?



  • Non ! Non et non ! Pourquoi voulez vous le contraindre, le cheveu ? Pourquoi le coller, le fixer, le gazer, le faire rentrer dans le rang à tout prix ? Laissez-le vive, le cheveu, mademoiselle ! Il se redresse sous le vent, il se couche sous la pluie, il change de teinte au soleil, parce qu'il est libre, le cheveu ! »


La coiffeuse regarde le bougon avec stupéfaction et se met à rire. Le bougon sourit, paie et s'en va. Pour une fois le bougon n'est pas de mauvaise humeur.


Pffff... fallait vraiment que le bougon ait besoin pour entrer là dedans... Maintenant, plus de choucroutte sur le tête... Imbécile la choucroutte... Mais quelqu'un va venir, et le bougon est impatient...

23.3.05 14:46


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